Des enfants privés d’une enfance normale
 

Lorsqu'on arrive dans les pays dits en voie de développement, on est frappé par le nombre d'enfants qu'on trouve dans les rues.
 Des enfants, il y en a partout à toute heure. L'enfant des rues est donc celui qui a coupé tout contact avec sa famille. Il n'est pas dit qu'il n'a pas de famille. Il ne la côtoie plus. C'est là le résultat de plusieurs causes : la plus fréquente vient de la dissolution de la cellule familiale : le chef de famille est souvent très mobile. Il n'hésite pas à chercher du travail et à recommencer une nouvelle vie à des dizaines, à des centaines de kilomètres de son domicile. Il laisse la famille à l'abandon. Une nouvelle femme, un nouveau mari va alors apparaître. L'enfant refuse le parâtre, la marâtre qui, pour se faire accepter de force, n'hésite pas à frapper durement. C'est alors que l'enfant fugue. C'est la première cause et le cas le plus courant. La misère est une seconde cause : une famille trop nombreuse, une sécheresse, une calamité naturelle, et voilà une famille dans la déconfiture. Le mari va fuir ses responsabilités et partir pour la ville. Un jour, une mère n'en pouvant plus, va faire de même, soit laissant les enfants à la grand-mère, soit emmenant ses enfants avec elle à la ville. Pour survivre, elle va mendier ou se prostituer. Un jour, c'est la grand-mère qui va débarquer à la ville avec les enfants, quittant la brousse qui ne peut plus la nourrir ; c'est un cas très fréquent.
La troisième cause est la guerre.
Tous les cas peuvent bien sûr se conjuguer, mais on arrive au même résultat. Peu à peu l'enfant va se retrouver coupé de sa famille, abandonné dans la grande ville : il n'est plus l'enfant d'untel ou untel, il est l'enfant des rues. Dans la journée, l'enfant des rues se noie dans la masse des petits pauvres qui cherchent leur pitance. Il va tenter de gagner sa vie : il va vendre des sacs en plastique aux clients qui achètent au marché (souvent le vendeur n'a pas de sacs en plastique, les courses sont versées directement dans le sac de l'acheteur) ; il va trier le charbon de bois dans les ordures, trier les ordures, recherchant ferrailles ou chiffons, mais pour ce travail, il est souvent chassé par les adultes qui eux aussi, recherchent leur pitance. Il va laver les voitures, garder les véhicules en stationnement, mendier bien sûr. Il glanera les légumes et les fruits qui ne sont pas vendables au marché, il va parfois obtenir le droit de dormir la nuit sous un étal. C'est déjà presque une reconnaissance de la société. Mais seul un tout petit nombre a accès à ce statut. Le marché est donc le lieu privilégié de rencontre des enfants des rues, d'autant plus qu'on peut plus facilement voler. Mais on trouve aussi l'enfant des rues dans des lieux de grand rassemblement : les ports, les cinémas, les gares routières ou ferroviaires.   L'enfant est mal nourri. Le cycle de dénutrition va commencer. La nuit va être l'instant de tous les dangers. Les petits se cachent des plus grands car ils craignent que ceux-ci tentent de leur arracher les quelques sous qu'ils peuvent posséder. Il faut se cacher de la police qui voit le plus souvent un délinquant dans un enfant des rues. Il faut se cacher des violeurs (50% des enfants des rues ont été violés dans la rue ou en prison). On dort tout habillé, roulé en boule les uns contre les autres comme de petits chiots pour se tenir chaud, sous les étals du marché, contre un mur, sous un arbre. Parfois, on a la chance de trouver un plastique, un carton. Au petit jour, il faut déménager et la chasse à la nourriture commence. Tout se conjugue dans la rue pour rapidement détruire l'enfant. Les enfants des rues sont en péril de mort : à la rue, l'enfant bascule très vite dans la délinquance, il va se droguer, se prostituer. L'enfant a faim. S'il ne peut trouver sa nourriture, il va voler : les grands vont lui imposer de voler. Le vol va devenir une habitude. Au début il a peur, il sait que s'il est pris il sera battu, parfois à mort, et que la prison l'attend. Pour se donner du courage, il va se droguer. Tous les moyens sont bons. On se drogue à peu de frais avec de l'essence que l'on met sur un chiffon à la pompe, avec de la colle de menuisier revendue en petits flacons, du chanvre indien, du LSD, etc. Le tout selon l'argent dont l'enfant disposera. Ces produits sont particulièrement dangereux car ils détruisent le cerveau et au bout de quelques années ces pauvres enfants deviennent des zombies. On gagne aussi de l'argent en se prostituant. Ce sont les Européens qui procurent le plus gros profit. Les enfants les moins courageux sombrent facilement dans cette pratique car on risque peu et cela rapporte gros. Si en Europe, on recherche et l'on punit les pédophiles, sur les autres continents, on se voile pudiquement la face. Pris dans un tel engrenage, l'enfant est bien mal parti et s'il part à la rue à huit ans, il a seulement une chance sur deux d'atteindre l'âge de douze ans. L'enfant n'a pas seulement besoin de pain, mais surtout d'amour. S'il a quitté le foyer familial, c'est le plus souvent parce qu'il n'y trouvait plus aucun amour : rejeté, battu, il n'y avait plus de place. La dureté de la vie de ces enfants ne laisse aucune place à l'amour. L'amour est un concept que l'enfant des rues recherche inconsciemment mais qu'il ne connaît pas.
Ce qui m'inquiète, ce qu’il deviendra de ces enfants demain. Des milliers d’enfants vivant dans la rue sans surveillance, sans éducation, sans amour ni attention, habitués à la violence et aux brutalités quotidiennes. Quel avenir y a-t-il pour ces enfants ?

Ne dit- on pas que l’enfant ne donne que ce qu’il reçoit ?

" A condition que la paix revienne mais cela, ne dépend pas d’eux." Ces enfants qui ne reçoivent que torture, humiliation, indifférence de la part de la société, que voudra-t-on qu’ils rendent en retour?
" Construire l’avenir, c’est avec les enfants!!!"

Tendrement Mimi

                              

 

 

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